Ce que révèlent nos tics de langage

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« C’est vrai, quoi », « c’est clair », « tu vois », « voilà », etc. Les tics de langage ponctuent souvent nos phrases sans que l’on ne s’en rende vraiment compte. L’air de rien, ils révèlent bien plus de choses sur nous que nous le pensons.

On ne s’en rend pas forcement compte mais si l’on s’écoute parler quelques minutes on peut facilement constater que les tics de langage sont bien plus présents dans nos discours qu’il n’y paraît. Cette « fièvre ticoïde » comme l’appelle Pierre Merle, spécialiste du langage, se serait complètement emparée de nous. Certains en utilisent plus que d’autres mais il n’est pas rare d’entendre sortir de sa bouche ou de celle de son interlocuteur un « heu » ou même un « ohlala ». Les tics de langage peuvent, selon le psychanalyste Saverio Tomasella, être classés dans deux catégories, la première regroupe les tics que l’on s’approprie par mimétisme de façon consciente ou non et la seconde regroupe ceux qui sont beaucoup plus personnels et qui sont le signe d’une préoccupation ou d’un conflit intérieur. Quoi qu’il en soit, les tics de langages en disent long sur notre personne.

Un besoin d’appartenance

Tout comme les styles vestimentaires, les tics de langage permettent aux individus de se situer socialement. Certains sont utilisés par les jeunes comme les « grave », « carrément », « cool », etc. tandis que d’autres, comme les « en mode boulot », « c’est énorme », etc. sont plus utilisés dans certains milieux branchés. Ces tics de langage sont, comme le précise Saverio Tomasella, des « signes d’appartenance, qui nous rattachent à tel ou tel groupe« .

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Un manque d’assurance

Certains tics de langage révèlent un manque d’assurance et sont à bannir lors d’entretiens d’embauche ou de prises de parole en public. On parle ici des fameux « euh » mais également des « je pense que », « il me semble que » , « je dirais que », etc. Ces tics sont souvent utilisés en cas de stress et donnent l’impression que la personne est timide ou pire encore qu’elle ne maîtrise pas ou n’assume pas ses propos.

La peur des silences

Lorsque l’on ne sait pas très bien quoi répondre ou pour éviter un silence gênant, on a parfois tendance à utiliser des tics de langage tels que les « c’est clair », « ça le fait » ou encore le fameux « voili voilou ». Ces tics de langage un peu creux trahissent une certaine anxiété, comme le souligne Saverio Tomasella, « Le silence a tendance à nous mettre en miroir avec nous-mêmes, et donc face à l’idée que les autres se font de nous. Or, quand on n’est pas tranquille avec cette question, l’émission permanente de mots permet de l’éviter. »

Les tics de langage peuvent révéler beaucoup de choses sur notre personnalité, pour les éliminer de nos discours, il faut tout d’abord s’écouter parler pour les repérer puis se lancer des défis (un jour sans « c’est clair » par exemple). Avant un événement important comme un entretien par exemple, essayez de vous entraîner avec un proche qui sera capable de vous signaler vos tics.

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